• La chapelle de Saint Cadou

    Gouesnac'h (29)

    Classé monument historique depuis le 27 mars 1922 (chapelle) et le 1er mai 1922 (oratoire, calvaire, fontaine et arbres du placitre).

    1578 et 1658. Sur les terres de Kersinaou, au nord de la commune de Gouesnac'h, la chapelle a remplacée le simple ermitage d'origine. Une pierre gravée indique la date de sa construction en 1578. A cette époque régnait Henri III. Dans la partie nord ouest de l'édifice, l'adjonction de la sacristie a été réalisée en 1658.

    La chapelle se caractérise par sa construction classique : en forme de croix latine et de style gothique. Au sud, la façade est percée par une porte à nervures, avec gorge et accolade. A main droite, une pierre millésimée porte l'inscription : " FABRIPA : 1578 : F. FOLLIER ". Traduit par fabrique du latin fabrica et, sans doute le nom du fabricien. Le transept sud est éclairé par une fenêtre à merneaux (montants qui forment les croisillons). Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

    Sur la façade est, la fenêtre fut occultée lors de la mise en place du retable du Maître autel. Elle était dotée de meneaux de style gothique, à cinq baies de style Roman flamboyant.

     

     

    Au nord, le transept est éclairé par une fenêtre à quatre baies surmontées par l'écusson de François de Kerchoent, seigneur de Kergournadec et de Jeanne de Boudinio de Clohars-Fouesnant qui se marièrent ici-même en 1583. Une inscription : 1620... NTFAB... HATRIPHCHA. Au dessous, le nom du responsable de la fabrique et une date : Henri FAICHANT 1620. Le glacis (partie inclinée au bas de la fenêtre) comporte une inscription postérieure de 12 ans à la précédente 1632 : Y. CAPITAINE. RECTEUR. La statue de Saint Herbot..........

    La sacristie (XVIe siècle) dont la lucarne possède un fronton triangulaire de style Renaissance. Deux niveaux sont aménagés de manière identique et dotés chacun d'une cheminée. Elle servait de logement au chapelain et, sans doute aux pèlerins de passage. Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

    Sur les rampants des pignons. A l'extrémité des crochets (bourgeons) on trouve des acrotères : léopards à tête humaine,  chimères, dragon sans tête,  bonhomme. Autant de figures menaçantes pour éloigner le malin. Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

    Le clocher reflète le style du début Roman flamboyant. A la base des ouvertures de chambre de cloche (elle est datée de 1665), deux petits canons de pierre sont pointés vers l'horizon. Ils semblent symboliser la lutte contre le paganisme, l'incroyance. Ce sont des acrotères (à ne pas confondre avec des gargouilles).                     A l'intérieur de la chapelle. Le bénitier (sous le porche principal) est ceint d'une tresse et supporté par une cariatide aux traits rustiques.                                 

    Les armoiries inscrites à la clé de l'arcade, entre le choeur et la nef, représentent le blason de Mg René du Louet, prédécesseur de Mg de Coetlogon à la tête du diocèce de Cornouaille.                      Un bloc de pierre porte l'empreinte d'un sabot de cheval. D'après la légende, elle vient du cheval de Saint Cadou qui, piaffant d'impatience voulait s'arrêter en ce lieu et y demeurer.                         La chaire fut restauré en 2000. Elle est utilisée aux offices comme ambon (sert à poser le livre saint pour la lecture des textes sacrés).

    Les autels en granit sont au nombre de trois dont le maître autel.                                                Le statuaire : Saint Pierre, Saint Herbot et Sainte Anne (l'éducation de Marie), ainsi que Saint Herbot protecteur du bétail et Saint Antoine.

     

     

     

    Le retable (fin du XVIIe siècle) du Maître autel a été réalisé dans l'atelier des frères Le Dean, ébénistes à Quimper. Après sa restauration, les Amis du vieux Gouesnac'h ont obtenu en 1992 son classement par le ministère de la culture. De style baroque, il comporte quatre colonnes à chapiteau corinthiens.

    Saint Cadou, coiffé de la mitre et tenant la crosse, est représenté en chape à plis dans le retable. PHOTO.  La Vierge Marie portant l'enfant, est drapée dans un manteau bleu parsemé de fleurs.                        Dans le fronton, au-dessus du panneau central, deux anges soutiennent un cartouche encadrant le blason de Mg de Coetlogon (1668-1706) : trois billettes surmonté d'un tortil.                Entre deux archanges, un médaillon symbolise le paradis : à droite, le père porte une couronne ; à gauche, le fils porte la croix ; à leurs pieds, un angelot brandit un sceptre et au-dessus vole une colombe (le Saint Esprit). Il s'agit de l'Assomption de la Vierge Marie qui, à son arrivée au Royaume de Dieu s'apprête à être couronnée Reine du ciel...                                           Les blochets faits de pièces de bois de charpente sculptée symbolisent l'opposition du bien et du mal. D'une part, le "mal" est représenté par des gueules d'animaux fantastiques, tournés côté nef alors qu'ils devraient regarder vers les fidèles pour rappeler la punition en cas de désobeissance. D'autre part, le "bien" est représenté par les têtes d'anges tournées vers le choeur d'où l'on prêche la parole de Dieu. Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

    L'oratoire (XVIe siècle) ouvert sur trois côtés possède une table d'autel qui, autrefois servait les jours de grande affluence lors du pardon. Les pèlerins venaient invoquer Saint Herbot et, offraient du beurre, du petit bétail, du crin provenant des queues de vaches (à suspendre dans les étables pour protéger le bétail et, aussi pour faire des brosses). La tradition veut que ces offrandes soient bénies et, ensuite vendues aux enchères par le sacristain pour voir s'accomplir les voeux. 

    Le calvaire, posé sur trois gradins, est adossé à l'oratoire. Sa lecture présente deux aspects de la Passion du Christ. D'une part, le Christ aux liens rappelle l'épisode de la Passion entre la Xe station du chemin de croix (Jésus est dépouillé de ses vêtements) et la XIe station (Jésus est cloué sur la croix). D'autre part, le Christ en croix est encadré par deux larrons. A ses pieds, deux angelots recueillent dans des calices le sang des plaies du supplicié. Ce calvaire restauré à deux reprises, n'avait pas résisté à l'ouragan de l'automne 1987, ni aux vandales en mai 2007.

    La fontaine de dévotion (XVe siècle) est située en bas du placître. Sous l'arcade en anse de panier, la statue a disparu de la niche. Le fond du bassin est constitué par une meule. Le fronton de la fontaine garde la trace d'un écusson où, on distingue un greslier. Entre le bassin réservé aux bétails pour s'abreuver et la fontaine, on trouve la cuvette aux ablutions : c'est là que les pèlerins faisaient leur acte de purification par l'eau, dans le but d'obtenir la réalisation de leurs souhaits.

    Visites guidées sur demande (s'adresser en mairie). Permanences d'ouvertures avec les Amis du vieux Gouesnach, le dimanche de 15 h à 17 h 30, de Pâques à la mi-septembre.

    François Cosquéric

    « Une belle soirée »